The innocents

The Innocents est un film américano-finlando-dano-suédo-norvégien écrit, co-produit et réalisé par Eskil Vogt, sorti en 2021. Il est sélectionné dans la section « Un certain regard » et présenté le 11 juillet 2021 au Festival de Cannes.

Pour son premier long-métrage, distingué par le Prix du public et celui de la critique au Festival du film fantastique de Gérardmer, Eskil Vogt explore la cruauté de l’enfance.

Un été, dans une cité HLM norvégienne, un couple vient d’emménager avec leurs deux filles : la plus âgée est autiste, et elle subit les cruautés plus ou moins conscientes de sa petite sœur Ida. Cette dernière va rencontrer deux autres gamins, jouer avec eux le long des longues journées de l’été norvégien.

Le petit groupe d’enfants profite de l’été pour s’évader dans la campagne environnante et explorer une forêt. Au milieu des arbres, un endroit les attire particulièrement. Au cours d’une sortie, l’un d’eux a découvert qu’il s’y produit des phénomènes étranges et inexplicables.

D’abord émerveillés par cette trouvaille, les enfants préfèrent taire leur secret à leur entourage. Mais très vite, ce qui n’était qu’un simple jeu se transforme en cauchemar pour chacun d’entre eux. Tous se mettent à ressentir une mystérieuse et inquiétante présence à leurs côtés, une force qui semble épier leurs faits et gestes à chaque instant…Et il s’avère que les gamins détiennent de mystérieux pouvoirs. 

Le thriller surnaturel devient un grand récit épique sur l’enfance, ses montres et ses peurs. A l’ère où le cinéma de genre s’autodétruit par ses références nostalgiques, étouffantes et morbides à un passé fantasmé, Eskil Vogt évite les vieux clichés et fait le choix de la radicalité. Une volonté d’un réalisme absolu : la caméra se met à hauteur d’enfant, et ce point de vue devient tout l’enjeu du film.

The innocents, le titre du film indique que l’expérience de l’enfance se situe au-delà du bien et du mal, que l’on peut vivre une sensation d’horreur dans un fourré pendant un jeu avant de rentrer sagement prendre son goûter et de passer à autre chose. Non seulement The Innocents fait vraiment, salement, flipper, mais son ambition rayonne au-delà du simple coup de pression.

C’est un vrai drame de l’enfance aux dimensions épiques, aussi excitantes et terrifiantes que ce que votre imagination prépubère pouvait faire surgir de l’ombre d’un arbre. De chouettes souvenirs, pas vrai ?